Storieta
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Ce texte s’inscrit dans la tradition de la poésie française du XVIIᵉ siècle, où l’auteur, Dolent Fortuné, s’adresse à une « noble cœur » et aux « dames du dolent » dans un discours mêlant exhortation morale et réflexion amoureuse. L’ouverture se compose d’un monologue dense, ponctué d’argot et d’orthographe archaïque, qui explore les contradictions entre l’honneur chevaleresque et les désirs du cœur. Le poète évoque la nature comme guide, la jeunesse comme période d’apprentissage, puis enchaîne les conseils sur la loyauté, la modestie et le service des dames, tout en soulignant la difficulté de concilier passion et vertu. Le texte se déploie en une succession de fragments dialogiques, où le narrateur se décrit comme un serviteur humble, cherchant à gagner la grâce divine et la faveur féminine.

Le style est caractéristique de la poésie baroque française : une prose poétique riche en antithèses, en métaphores naturelles et en références à la morale chrétienne. La voix, à la fois fervente et hésitante, reflète la sensibilité d’un jeune homme de douze ans confronté aux exigences de la cour et aux enseignements de la « dame Nature ». Les amateurs de littérature classique, de poésie morale et de textes d’instruction chevaleresque y trouveront un témoignage authentique de la pensée et du langage de l’époque, ainsi qu’une immersion dans les jeux de mots et les tournures syntaxiques propres à la langue française du temps.

The opening · free to read

Vestue estoit et atournee Royalement de point en point Et de corps aussi bien tournee Que nature en fist oncques point Fresche nouvelle et en bon point Tresgratieuse en son maintien Sy croy tant que la mort me point Que nature y mist tout le sien.

Cuidant que je fusse apparceu Treshumblement la saluay Mais si tresbien m'en est escheu Qu'en vain donné mon salut ay Pourquoy toute coleur muay Craingnant ma povre petitesse Qu'alors bien petit valu ay Au regard de sa grant haultesse

Neantmoins. se vint appoyer Des bras sur la fontaine ung poy. Et emprés moy s'escontoyer Mais elle mot. non fiz je moy Alors pensoie en bonne foy Que la chose estoit impossible Que telle rudesse eust en soy Se je n'eusse esté invisible.

Et defait par experience Invisible je me sentoie Mais par ma povre conscience Je ne sceu point se je l'estoie A l'eure que je y arrivoie Mais je prins bien la congnoissance Que telle vertu recevoie Par fait de divine puissance

Lors par devers soleil levant Je vy venir ung jouvencel Tresbien en point: et se me vant Que pieça n'en vy point de tel Il estoit gratieux et bel Et gent/ autant qu'on pourroit dire Riens n'y steuz. forz qu'il fut mortel Sur luy ne trouvay que redire

Il estoit descendu a pié Et son cheval a mon advis Avoit a ung arbre atachié Qui estoit bel en tout devis Et luy qui sembloit assouvis De toute grant vertu mondaine Print son chemin ce me fut vis Pour s'en venir vers la fontaine.

Quant il fut prés comme a dix pas De lieu ou s'appuyoit la dame Et qu'encor il ne pensoit pas Qu'il y deust trouver aucun ame Souldainement vy une flame Qui le faisoit rougir forment Comme ung qui avoit peur de blasme Ou de mesprendre aulcunement

Il la vit bien: et elle lui Pouoir n'avoit de soy retraire Parquoy il failloit a celuy S'avancer: et vers elle traire Combien qu'assez lui fut contraire Pour honte/ que son cueur craignoit Mais il vit bien qu'il failloit faire Ce que noblesse contraignoit

Il s'approuchoit en beau maintien Vers elle celuy que je nomme Mais dieu scet comme il marchoit bien En prince et en grant gentil homme Comme d'un empereur de romme Sy estoit noble tout son fet Et ne lui coustoit une pomme Quant qu'il voulsist mectre en effect

Jusques a terre il s'enclina En luy donnant saluz plusieurs Comme ung qui le cueur enclin a A toutes vertus et honneurs Et elle plaine de doulceurs Le print es bras/ et le baisoit Sans changier contenance ou meurs Ne riens dont blasmer se faisoit

¶ Icy bien veignist Noblesse feminine noble cueur et entreparlent maintes gratieuses parolles ensemble. sans s'entrecognoistre.

Noblesse feminine.

Disant beau filz dieu vous dont joie Levez vous. je vous prie beau sire Que dieu vous dont brief et envoie Quant que vostre doulx cueur desire Mais je vous pry. vueilliez moy dire Sans que faintise vos varie Quel besoing pardeça vous tire Car j'en suis forment esbahie

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