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About this book

Dans cet album, Marie Lebert propose un tour d’horizon des petites églises romanes du Sud‑Manche, loin des sites touristiques habituels. Le texte débute par une description générale : il s’agit de modestes édifices du Xe au XIIᵉ siècle, bâtis par les habitants avec du schiste et du granit locaux, le long des chemins montois qui menaient les pèlerins au Mont Saint‑Michel. Chaque page alterne cartes géographiques, plans d’églises et photographies détaillées, comme celles de Saint‑Martin‑le‑Vieux ou de Bréville, où l’on voit la superposition de structures romanes et d’ajouts post‑moyenâgeux (campaniles du XVIᵉ siècle, voûtes gothiques, restaurations du XIXᵉ). Lebert enrichit ces illustrations de notes historiques sur les doyennés, les archives cartulaires et la géologie du territoire, offrant ainsi un panorama à la fois topographique et archéologique.

Le ton est érudit mais accessible, mêlant description factuelle et petites anecdotes sur les dons de dîmes ou les usages révolutionnaires des bâtiments. Le style, typique des publications de milieu du siècle passé, se caractérise par une prose claire ponctuée de termes techniques (opus spicatum, archivolte) et d’un vocabulaire géographique précis. Les amateurs d’histoire de l’art, les passionnés d’architecture médiévale et les voyageurs curieux de découvrir les traces moins connues du patrimoine normand y trouveront matière à enrichir leurs connaissances.

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001. Dans cet album, point de monuments présents dans tous les guides. Voici au contraire quelques modestes églises dont on parle peu, au sud du département de la Manche, en Normandie. Solides, nichées dans la verdure ou visibles le long de la côte rocheuse, elles furent construites au dixième, onzième ou douzième siècle par les villageois et paroissiens, avec des matériaux locaux (schiste et granite), sur les voies montoises qu'empruntaient les pèlerins pour se rendre au Mont Saint-Michel, leur destination finale après des mois de voyage.

002. Le Sud-Manche. Carte de la région. Du nord au sud, les pastilles bleues signalent les églises de Saint-Martin-le-Vieux, Bréville, Yquelon, Saint-Pair-sur-Mer, Angey, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey, Genêts, Saint-Léonard-de-Vains, Saint-Loup et Saint-Quentin-sur-le-Homme, auquel s'ajoute le beau portail roman de Sartilly. Carte numérisée par Georges Cercel.

003. Le Sud-Manche. Carte ancienne de la région. Cette région appartient au Cotentin pour sa partie nord et à l'Avranchin pour sa partie sud. La limite entre le Cotentin et l'Avranchin est la petite rivière du Thar, qui se jette dans la Manche au sud de Granville. Au Moyen-Âge, cette région était riche, avec une population beaucoup plus dense qu'à l'intérieur des terres. La vie économique y était active: pêcheries, salines à proximité de Saint-Martin-de-Bréhal, Bréville et Saint-Léonard-de-Vains, exploitation de la tangue et du varech utilisés comme engrais marins, nombreuses cultures intensives. Cette carte ancienne fait partie des collections de la médiathèque de Granville. Photo de Claude Rayon. [Claude-02]

004. Le Sud-Manche. Le doyenné de Saint-Pair. Les paroisses de Saint-Martin-le-Vieux, Bréville, Yquelon et Saint-Pair-sur-Mer appartenaient au doyenné de Saint-Pair, l’un des cinq doyennés de l’archidiachoné de Coutances. L’archidiachoné de Coutances était l’un des quatre archidiachonés du diocèse de Coutances, les autres étant les archidiachonés du Cotentin, de Bauptois et du Val-de-Vire. Carte de Marie Lebert.

005. Le Sud-Manche. Le doyenné de Genêts. Les paroisses d'Angey, Sartilly, Saint-Jean-le-Thomas, Dragey et Genêts appartenaient au doyenné de Genêts et à l'archidiachoné d'Avranches, tout comme le prieuré de Saint-Léonard-de-Vains. L'archidiachoné d'Avranches comprenait trois autres doyennés: le doyenné d'Avranches, le doyenné de Tirepied (qui incluait la paroisse de Saint-Loup) et le doyenné de la Chrétienté. Le doyenné de la Chrétienté regroupait les neuf paroisses rayonnant autour de la cité épiscopale d’Avranches, dont la paroisse de Saint-Quentin-sur-le-Homme. Carte de Marie Lebert.

006. Le Sud-Manche. Les chemins montois. La région était traversée par plusieurs voies montoises qu’empruntaient les pèlerins pour se rendre au Mont Saint-Michel. Au nord d'Avranches, on avait d'ouest en est le chemin des grèves venant de Saint-Pair-sur-Mer, le chemin montois venant de Saint-Pair-sur-Mer (dont l'itinéraire était différent du chemin des grèves), le chemin montois venant de Coutances, le chemin montois venant de Saint-Lô, et enfin le chemin montois venant de Caen. Au sud d’Avranches, un chemin montois permettait aux pélerins de Tinchebray, Condé-sur-Noireau, Falaise et Lisieux de rejoindre le Mont Saint-Michel. Carte de Marie Lebert.

007. Le Sud-Manche. Carte géologique. Toutes les églises sont en granit et en schiste, qui sont des matériaux locaux. Le sol de la région est formé de terrains sédimentaires composés de roches schisteuses. Ces terrains entourent deux larges massifs granitiques, ceux de Vire et d’Avranches. Allongé d’est en ouest, le massif granitique de Vire forme une bande rocheuse d’une largeur de cinq kilomètres environ, et se termine à l’ouest par les falaises de Carolles et Champeaux. Le massif granitique d’Avranches est une étroite bande granitique orientée d’ouest en est, dont la largeur ne dépasse pas deux à quatre kilomètres. Les deux massifs granitiques sont ceinturés d’une auréole métamorphique composée de schistes et de grauwackes (roches schisteuses). La formation de Saint-Pair est un flysch (formation détritique) composé de grauwackes, siltites et argilites noires présentant des schistosités. La formation de Granville est un flysch formé d’une alternance de grauwackes et de schistes. Carte de Marie Lebert.

008. Saint-Martin-le-Vieux. Emplacement. Le village de Saint-Martin-le-Vieux est situé entre Bréhal et la mer, près du havre de la Venlée, très exactement à deux kilomètres à l’ouest de Bréhal et neuf kilomètres au nord de Granville. Le village était traversé par le chemin montois venant de Cherbourg et allant à Saint-Pair-sur-Mer pour arriver au Mont Saint-Michel, destination finale de nombreux pèlerins.

009. Saint-Martin-le-Vieux. L'église, en ruines, se dresse sur un petit promontoire. L’église était placée sous le vocable de Saint Martin, et le second saint était Saint Eutrope. La paroisse appartenait au doyenné de Saint-Pair et à l'archidiachoné de Coutances. Foulques Paynel, sans doute un parent de Guillaume Paynel, fondateur de l’abbaye de Hambye en 1145, donna à cette abbaye une partie de la dîme de la paroisse de Saint-Martin-le-Vieux. Cette donation figure dans le Cartulaire de l’abbaye de Hambye. Pendant la Révolution, l’église servit d'arsenal et tout son mobilier fut vendu. Elle fut rendue au culte en 1801. Vers 1804 ou 1805, menaçant de s’effondrer, elle ne fut plus utilisée. Depuis cette époque, la paroisse de Saint-Martin-le-Vieux est rattachée à celle de Bréhal. Photo de Claude Rayon. [Claude-01]

010. Saint-Martin-le-Vieux. Les ruines romanes, avec un double campanile ajouté au seizième siècle. L’ensemble est envahi par la végétation. Les maçonneries sont faites de moellons de schiste et de granit. Les arcs et piédroits des ouvertures sont en granit. Le schiste est la pierre locale. Quant au granit, il pourrait provenir du massif granitique de Vire affleurant à quelques kilomètres au sud. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-002]

011. Saint-Martin-le-Vieux. Les ruines romanes. Entre le chœur et la nef, le double campanile (double parce que pouvant accueillir deux cloches) ajouté au seizième siècle fut édifié en granit rose de Chausey. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-003]

012. Saint-Martin-le-Vieux. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté d’ouest en est comprend une longue nef suivie d'un chœur à chevet plat. La longueur extérieure totale est de 26,5 mètres et sa largeur extérieure de 6,4 mètres. Le chœur est séparé de la nef par un double campanile ajouté au seizième siècle. Plan de Marie Lebert.

013. Saint-Martin-le-Vieux. Le mur sud de la nef romane. La grande baie à l’arc surbaissé a sans doute été ajoutée au seizième siècle, lors de la construction du double campanile. A la droite de cette grande baie, le cintre de la petite baie romane bouchée est creusé dans un linteau monolithe de granit. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-004]

014. Saint-Martin-le-Vieux. Le mur sud de la nef romane et sa porte, avec son cintre surbaissé et ses piédroits aux contours chanfreinés. La petite baie présente sur la gauche est elle aussi romane. L'appareil irrégulier des maçonneries est fait de moellons de schiste et de granit. De nombreux éléments d’appareil en arêtes de poisson (opus spicatum) sont visibles, preuve que ce mur sud est bien la partie la plus ancienne de l'édifice. Au-dessus de la porte, la petite baie trilobée a sans doute été ajoutée au seizième siècle, lors de la construction du double campanile. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-005]

015. Saint-Martin-le-Vieux. La petite baie romane présente dans le mur sud de la nef, avec son cintre surbaissé et ses piédroits de granit. Photo de Claude Rayon. [Claude-04]

016. Saint-Martin-le-Vieux. Derrière la croix ancienne, le double campanile du seizième siècle, édifié en granit de Chausey. Photo de Claude Rayon. [Claude-05]

017. Bréville. Emplacement. Le village de Bréville est situé sur la côte, à six kilomètres environ au nord de Granville. Il était traversé par le chemin montois qui, venant de Cherbourg, allait vers Saint-Pair-sur-Mer pour arriver au Mont Saint-Michel, destination finale de nombreux pèlerins.

018. Bréville. L'église romane devant la ligne de dunes. A l'arrière-plan, sur la gauche, la pointe de Granville s'avance vers la mer. Mais, à l'époque romane, Granville était quasi-inexistant et la ville importante était Saint-Pair-sur-Mer. Photo de Claude Rayon. [Claude-11]

019. Bréville. L'église romane enserrée dans les arbres. Au douzième siècle, la vie économique était active: pêcheries, salines, exploitation de la tangue et du varech utilisés comme engrais marins, nombreuses cultures intensives. Le territoire de la paroisse était la propriété du Mont Saint-Michel depuis 1022, date à laquelle Richard II, duc de Normandie, donna la baronnie de Saint-Pair au Mont. Au treizième siècle, le patronage était laïc, avec Guillelmus de Breinville comme seigneur patron entre 1251 et 1279. La dîme était partagée entre le curé et l’abbé du Mont Saint-Michel. Au seizième siècle, Bréville, avec son église et ses salines, formait une prébende au profit de la cathédrale de Coutances. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-006]

020. Bréville. L'église romane est placée sous le vocable de Notre-Dame, et le second saint est Saint Hélier. La paroisse appartenait au doyenné de Saint-Pair et à l'archidiachoné de Coutances. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-007]

021. Bréville. L'église romane est formée d’une nef de deux travées suivie d’un chœur de deux travées à chevet plat. La tour carrée s’élève entre chœur et nef. La majeure partie de la nef, la base de la tour et les murs latéraux du chœur sont romans, et datent sans doute de la deuxième moitié du douzième siècle. Les maçonneries présentent un appareil irrégulier fait de moellons de schiste. Le granit est utilisé pour les contreforts, le pourtour des ouvertures, les pilastres, les colonnes et les arcs. Photo de Claude Rayon. [Claude-006]

022. Bréville. La sacristie est la construction à cinq pans située dans le prolongement du chœur. Elle fut ajoutée beaucoup plus tard, au dix-neuvième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-009]

023. Bréville. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté d’ouest en est comprend une nef de deux travées suivie d’un chœur de deux travées à chevet plat. La longueur extérieure totale est de 27,75 mètres et la largeur extérieure de la nef de 7,65 mètres. La tour, implantée dans l’axe du vaisseau, s’élève entre chœur et nef. La construction à cinq pans située dans le prolongement du chœur abrite la sacristie. Plan de Marie Lebert.

024. Bréville. La tour de l'église, située entre chœur et nef, dispose d'une base romane, alors que l'étage et la flèche datent de la fin du quinzième ou du début du seizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-010]

025. Bréville. La tour de l'église, en vue plongeante... vers le ciel. Photo de Claude Rayon. [Claude-07]

026. Bréville. L’étage et la flèche de la tour. L’étage est percé sur chaque face d’une ouverture longue et étroite. Au-dessus s’élève une flèche octogonale de pierre aux angles adoucis par des tores, avec un petit gâble à fines colonnettes situé dans le prolongement de chaque ouverture. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-011]

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