
Public-domain ebook
Jean-Christophe Volume 1 L'Aube, Le Matin, L'Adolescent
French437 downloads on Project GutenbergDownload EPUB
Public-domain ebook sourced from Project Gutenberg #61868.

Public-domain ebook
French437 downloads on Project GutenbergDownload EPUB
Public-domain ebook sourced from Project Gutenberg #61868.
The opening · free to read
I. JEAN-CHISTOPHE 1. L'Aube. 2. Le Matin. 3. L'Adolescent. 4. La Révolte.
II. JEAN-CHISTOPHE A PARIS 1. La Foire sur la Place. 2. Antoinette. 3. Dans la Maison.
III. LA FIN DU VOYAGE 1. Les Amies. 2. Le Buisson Ardent. 3. La Nouvelle Journée.
Nous substituons ici à l'ordre des faits l'ordre des sentiments,--à l'ordre logique et un peu extérieur l'ordre artistique et intime, qui groupe les œuvres par affinités d'atmosphère et de tonalités.
L'œuvre entière se présente ainsi en quatre livres, pareils à quatre mouvements de symphonie:
Le premier embrasse la jeune vie de Christophe (L'Aube, Le Matin, L'Adolescent), l'éveil de ses sens et de son cœur dans le nid familial, dans l'étroit horizon de la petite patrie,--jusqu'à l'épreuve d'où il sort meurtri, mais avec l'illumination soudaine de sa mission, de la vie de souffrances viriles et de combats qui est son lot.
Le second livre (La Révolte, La Foire sur la Place) rassemble en une seule Révolte les chevauchées du jeune Siegfried, naïf, intolérant et excessif, qui est parti en guerre contre le mensonge social et artistique de son temps, ses coups de lance à la don Quichotte contre les muletiers, les alcades et les moulins à vent, contre les Foires sur la Place d'Allemagne et de France.
Le troisième (Dans la Maison, Antoinette, Les Amies), dans une atmosphère douce et recueillie, qui contraste avec les frénésies d'enthousiasme et de haine du livre précédent, est un chant élégiaque à l'Amitié et au pur Amour.
Le quatrième enfin (Le Buisson Ardent, La Nouvelle Journée) est la grande Épreuve du milieu de la vie, la rafale du Doute et des passions dévastatrices, la tempête de l'âme, qui menace de tout détruire, et qui se résout en la sérénité finale, aux primes lueurs de l'Aurore surnaturelle.
Chaque volume de l'édition originale, dans les Cahiers de la Quinzaine (février 1904 — octobre 1912), portait cette inscription, qui figurait jadis, dans les cathédrales gothiques, sur le socle des statues de saint Christophe, placées à l'entrée de la nef:
Christofori faciem die quacumque tueris, Illa nempe die non morte mala morieris.
Elle exprimait le vœu secret de l'auteur que son Jean Christophe fût pour ses lecteurs ce qu'il était pour lui-même: un bon compagnon et un guide, à travers les épreuves.
Les épreuves sont venues pour tous; et le vœu de l'auteur n'a pas été déçu, s'il en croit la réponse qui lui est arrivée de toutes les parties du monde. Il le renouvelle aujourd'hui. Plus que jamais dans l’ère de tourmentes qui s'est ouverte et qui n'est pas près de finir, puisse Christophe rester l'ami fort et fidèle, qui souffle la joie de vivre et d'aimer,--malgré tout!
ROMAIN ROLLAND.
Paris, 1er janvier 1921.
Le grondement du fleuve monte derrière la maison. La pluie bat les carreaux depuis le commencement du jour. Une buée d'eau ruisselle sur la vitre au coin fêlé. Le jour jaunâtre s'éteint. Il fait tiède et fade dans la chambre.
Le nouveau-né s'agite dans son berceau. Bien que le vieux ait laissé, pour entrer, ses sabots à la porte, son pas a fait craquer le plancher: l'enfant commence à geindre. La mère se penche hors de son lit, afin de le rassurer; et le grand-père allume la lampe en tâtonnant, pour que le petit n'ait pas peur de la nuit. La flamme éclaire la figure rouge du vieux Jean-Michel, sa barbe blanche et rude, son air bourru et ses yeux vifs. Il vient près du berceau. Son manteau sent le mouillé; il traîne en marchant ses gros chaussons bleus. Louisa lui fait signe de ne pas s'approcher. Elle est d'un blond presque blanc; ses traits sont tirés; sa douce figure mouton est marquée de taches de rousseur; elle a des lèvres pâles et grosses, qui ne parviennent pas à se rejoindre et qui sourient avec timidité; elle couve l'enfant des yeux,--des yeux très bleus, très vagues, où la prunelle est un point tout petit, mais infiniment tendre.
L'enfant s'éveille et pleure. Son regard trouble s'agite. Quelle épouvante! Les ténèbres, l'éclat brutal de la lampe, les hallucinations d'un cerveau, à peine dégagé du chaos, la nuit étouffante et grouillante qui l'entoure, l'ombre sans fond d'où se détachent, comme des jets aveuglants de lumière, des sensations aiguës, des douleurs, des fantômes: ces figures énormes qui se penchent sur lui, ces yeux qui le pénètrent, qui s'enfoncent en lui, et qu'il ne comprend pas!... Il n'a pas la force de crier; la terreur le cloue immobile, les yeux, la bouche ouverts, soufflant du fond de la gorge. Sa grosse tête boursouflée se plisse de grimaces lamentables et grotesques; la peau de sa figure et de ses mains est brune, violacée, avec des taches jaunâtres...
--Bon Dieu! qu'il est laid! fit le vieux, d'un ton convaincu.
Il alla reposer la lampe sur la table.
Louisa fit une moue de petite fille grondée. Jean-Michel la regarda u coin de l'œil, et rit.
--Tu ne voudrais pas que je te dise qu'il est beau? Tu ne me croirais pas. Allons, ce n'est pas ta faute. Ils sont tous comme cela.
L'enfant sortit de l'immobilité stupide où le plongeaient la flamme de la lampe et le regard du vieux. Il se mit à crier. Peut-être sentait-il dans les yeux de sa mère une caresse qui l'engageait à se plaindre. Elle lui tendit les bras, et dit:
--Donnez-le-moi.
Le vieux commença par faire des théories, selon son habitude:
--On ne doit pas céder aux enfants, quand ils pleurent. Il faut les laisser crier.
Jean-Michel retourna près du feu: il se mit à tisonner d'un air grognon; mais un sourire démentait la solennité maussade de son visage.
--Bonne fille, dit-il. Va, ne te tourmente pas, il a le temps de changer. Et puis, qu'est-ce que cela fait? On ne lui demande qu'une chose, c'est de devenir un brave homme.
L'enfant s'était apaisé au contact du tiède corps maternel. On l'entendait téter avec un halètement goulu. Jean-Michel se renversa légèrement dans sa chaise, et répéta avec emphase:
--Il n'y a rien de plus beau qu'un honnête homme.
Il se tut un instant, méditant s'il ne conviendrait pas de développer cette pensée; mais il ne trouva rien de plus à dire; et, après un silence, il reprit d'un ton irrité:
--Comment se fait-il que ton mari ne soit pas ici?
--Je crois qu'il est au théâtre, dit timidement Louisa. Il a répétition.
--Le théâtre est fermé. Je viens de passer devant. C'est encore un de ses mensonges.
--Non, ne l'accusez pas toujours! J'aurai mal compris. Il doit être retenu par une de ses leçons.
--Il devrait être rentré, fit le vieux, mécontent.
Il hésita un instant, puis demanda d'un ton plus bas, un peu honteux:
--Est-ce qu'il a... de nouveau?
--Non, père, non, père, dit précipitamment Louisa.
Le vieux la regarda; elle évita son regard.
The book keeps going
Reading is free forever. Sign up and watch scenes appear while you read.



Scenes Storieta drew for other classics.
New illustrated classics
Once or twice a month: the latest books to get full character casts, scene art, and free comic editions. No account needed.