Storieta
Sign up

The opening · free to read

Chez Les Mêmes Libraires:

Éditeurs du Cours éducatif de la langue maternelle du P. G. Girard.

TROIS MOIS SOUS LA NEIGE, Journal d'un jeune habitant du Jura, ouvrage destiné à servir de livre de lecture courante dans les écoles primaires; par Jacques PORCHAT. 1 vol. in-18. Prix, br. ou cart. » 60 c.

Ouvrage couronné par l'Académie française, comme utile aux moeurs.

FABLIER (LE) DES ÉCOLES. Choix de fables des fabulistes français, avec une explication morale et des notes destinées à en rendre la lecture plus facile et plus utile aux enfants; par Jacques PORCHAT.

--_1re partie_. Fables choisies de La Fontaine, 1 vol. in-18. Prix, cart. » 60 c.

--_2e partie_. Fables choisies de Florian et d'autres fabulistes, 1 vol. in-18. Prix, cart. » 60 c.

SAGESSE (LA) DU HAMEAU, entretiens d'un aïeul et de ses petits-enfants sur la famille, l'autorité paternelle, le travail, la propriété, les riches et les pauvres; par Jacques PORCHAT, ouvrage propre à la lecture courante dans les écoles primaires. 1 vol. in-18. Prix, cart. » 60 c.

FABLES ET PARABOLES, par Jacques PORCHAT, 4e édition; un beau vol. in-12 avec titre orné. Prix 3 fr. 50 c.

NOUVELLES, pour l'enfance et la jeunesse, par Jacques PORCHAT, 1 vol. in-12. Prix, br. 3 fr. »

LECTURES CHOISIES DE MORALE ET DE LITTÉRATURE, ou Recueil des beaux morceaux des prosateurs, des poëtes français, et de traductions de quelques auteurs étrangers, ouvrage destiné à servir de livre de lecture et de récitation dans les écoles, avec des notes; par M. Ernest DUTHAR. 1 fort vol. in-12. Prix, cartonné 1 fr. 50 c.

VEILLÉES DE LA FERME DU TOURNE-BRIDE (LES), ou entretiens sur l'agriculture, l'exploitation des produits agricoles et l'arboriculture par M. P. J. de Varennes, 1 vol. in-12, avec gravures intercalées dans le texte. Prix, cart. 1 fr. 50 c.

Ouvrage honoré de la souscription de S. Exc. M. le ministre de l'instruction publique et de celle de S. Exc. M. le ministre de l'agriculture et du commerce.

PREMIERS ÉLÉMENTS D'INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE ou simples notions sur les procédés en usage pour préparer les objets nécessaires à la nourriture, au logement, à l'habillement, etc., de l'homme. Ouvrage rédigé d'après les traités les plus modernes, et destiné à servir de livre de lecture courante dans les écoles primaires; par M. Paul LEGUIDRE, ancien professeur. 4e édition, corrigée, refondue et enrichie de gravures sur bois. 1 vol. in-18. Prix, br. ou cart. » 90 c.

Tout exemplaire de cet ouvrage non revêtu de notre griffe sera réputé contrefait.

Au bord d'un lac des Alpes, vivait, à la fin du siècle passé, une humble famille, dont l'histoire peut servir de leçon à beaucoup de gens, et montrer combien la pauvreté industrieuse sait trouver encore de ressources au milieu de la société. Un récit abrégé, mais fidèle, de la vie et des travaux de cette famille ne sera pas sans utilité, en un temps où l'on se plaint sans cesse qu'il est presque impossible de se faire un sort dans le monde et de trouver une place au soleil; erreur décourageante qui serait moins répandue si l'on savait se contenter de ce qui est vraiment nécessaire, et profiter soigneusement des secours que l'équitable Providence ménage à ses enfants en apparence les plus délaissés.

Susanne Baudry, veuve après dix-huit ans de mariage, avait quatre enfants. L'aîné, nommé Charles, venait d'accomplir sa dix-septième année, mais il était très-avancé et très-fort pour son âge. Isabelle, l'aînée des filles, avait près de treize ans. André et Juliette en avaient onze; ils étaient jumeaux. Leur père, Thomas Baudry, avait connu l'aisance. Il avait recueilli de ses parents un petit héritage, fruit de leur travail et de leurs épargnes pendant quarante années. Les petites fortunes sont, comme les grandes, sujettes à se perdre par le désordre et par le vice. Thomas, d'ailleurs assez bon ouvrier, s'étant adonné au vin, vendit peu à peu ce qu'il possédait, pour satisfaire sa honteuse passion. Il s'était vu propriétaire d'une petite maison et de quelques terres: il vécut assez pour ne laisser à sa veuve et à ses enfants qu'un chétif mobilier.

Sa mort était une délivrance pour sa famille, et cependant il fut pleuré, parce qu'il avait une bonne femme et des enfants pieux. Il avait montré, dans ses derniers moments, un profond repentir, demandant pardon à sa femme, consolant ses enfants, auxquels il disait avec humilité: «Vous ne faites pas une grande perte; cependant, si Dieu l'avait permis, j'aurais tâché de réparer mes torts.»

Il mourut, et l'on oublia le mal qu'il avait fait; on lui tint compte du bien qu'il aurait voulu faire. Malheureux le père de famille qui n'a connu son devoir que le dernier jour de sa vie, et qui a besoin d'indulgence pour obtenir des regrets!

2.--Premier projet de Charles.

Quelques jours après, Charles dit à sa mère: «Voici le moment où je dois reconnaître, selon mon pouvoir, ce que vous avez fait pour moi, et vous montrer que je saurai suivre vos conseils et votre exemple. Avant que mes soeurs et mon frère pussent vous comprendre, nous avons souvent passé la veillée tout seuls, vous et moi, et vous la trouviez bien longue, parce que vous attendiez mon père; pour moi, il vous en souvient, je vous quittais toujours à regret, quand vous me disiez: «Charles, il est onze heures, il est minuit; laisse-moi: tu as besoin de sommeil.» J'avais tant de plaisir à vous lire les histoires saintes, et à vous les entendre expliquer! vous me teniez des discours si sages sur les vanités du monde! Que de fois, en vous écoutant, j'ai béni dans mon coeur mon aïeul, qui vous a si bien instruite! Je prêtais l'oreille, en cardant la laine, et en suivant des yeux votre main diligente, qui ne cessait pas de filer le chanvre ou le lin, et je me disais: «Un jour je l'aiderai, je la consolerai; je veux qu'elle me bénisse et qu'elle se puisse dire: Il n'y a pas au monde une mère plus tendrement aimée.»

La pauvre Susanne fut tout émue en écoutant ce langage, et Charles la pressa dans ses bras, sans pouvoir achever d'abord ce qu'il avait à dire. Il ajouta, un moment après: «On m'apprend qu'une riche famille de la ville demande un valet de chambre, et qu'elle n'exigerait pas un homme qui eût déjà du service, pourvu qu'il fût docile et de bonnes moeurs: voulez-vous que j'aille me présenter? Je vous quitterai avec beaucoup de regret, ma mère, mais je vous ferai vivre, et je pourrai plus tard aider mon frère et mes soeurs à se placer à leur tour.

--Ainsi nous serons dispersés, dit Susanne. Triste condition, à laquelle bien des familles indigentes savent pourtant échapper! Ce n'est pas sans une peine bien vive, mon bon Charles, que je consens à cette séparation; cependant je ne vois pas dans ce moment d'autre parti à prendre; notre loyer est échu; je ne sais comment nous le paierons à l'avenir, et nous voilà sans asile. Mon rouet aurait beau tourner pendant quinze heures tous les jours, je ne pourrais pas suffire à la moitié du nécessaire; et, malheureusement, ma mauvaise santé ne me permet pas d'employer mon temps d'une manière plus lucrative. Va, mon enfant, j'accepte tes services le coeur pénétré; un jour, je l'espère, ces petits pourront les reconnaître mieux que moi.»

Charles mit ses meilleurs habits et se rendit à la ville. Il arriva trop tard; la place était déjà donnée. Comme il revenait tristement, en suivant la grande route, qui, dans certains endroits, côtoie le lac d'assez près, il descendit sur la grève pour se reposer un moment à l'ombre des buissons fleuris. On était au printemps; la vallée brillait d'un éclat magnifique. Charles regardait tour à tour le lac, les Alpes, les campagnes, et peu à peu il fut saisi de tristesse, à la pensée qu'il devrait peut-être quitter ce beau pays et s'en aller bien loin, pour trouver le pain de la famille; ses soeurs et son frère s'exileraient à leur tour, et la mère resterait seule dans ce vallon délicieux, qui lui semblerait bien triste, quand elle n'y verrait plus ses enfants.

3.--Nouveau projet.

Charles disait en lui-même: «Oh! que ces maisons de campagne me plaisent le long du rivage. Mais que de luxe et de magnificence! Je serais heureux à moins de frais. Si nous avions seulement un petit coin comme cette grève, avec une pauvre cabane, nos bras nous donneraient tout le reste; nous ne quitterions pas le lieu natal, et nous resterions tous ensemble sous le même toit, autour du même foyer.»

En faisant ces réflexions, Charles jeta les yeux sur une forêt de roseaux qui couvraient la plage, à l'embouchure d'une petite rivière. Leurs tiges empanachées, qui murmuraient au souffle du vent, semblaient souhaiter la bienvenue au fils de Susanne, en s'inclinant toutes ensemble de son côté. Ces roseaux secs étaient ceux de l'année précédente, que personne n'avait pris la peine de couper, et déjà la nouvelle génération s'élevait pour leur disputer la place. Si j'étais le maître du lieu où je me trouve, disait en lui-même le jeune garçon, je moissonnerais ces roseaux qui n'appartiennent à personne, j'en ferais une cabane à la manière des sauvages, et je dirais: «Venez, ma mère, nous avons un abri; avec le temps nous le rendrons plus commode. Le bonheur ne fut pas toujours si bien logé.»

Cette pensée fit battre le coeur de Charles; il allait et venait sur le bord, observant l'agréable situation du lieu et particulièrement le voisinage de la rivière. Elle avait rongé la terre en plusieurs endroits, et menaçait d'empiéter sur ses rives. «Quel dommage! dit Charles à haute voix, en considérant ces ravages regrettables.--Vous avez bien raison, mon ami, lui répondit M. M..., vieillard aux cheveux blancs, qui avançait la tête à travers les branches de lilas. Que voulez-vous? J'ai été absent plusieurs années; mes domestiques se sont reposés, et ils ont laissé travailler la rivière.--Monsieur, le terrain que vous perdez ici ferait le bonheur d'une famille.--Et la rivière déborderait, mon ami, et le bonheur de la famille irait au fond du lac.--Oui, monsieur, à moins que le ciel ne vînt à son secours!»

Charles, en faisant cette réponse, avait regardé le vieillard d'un air doux, et sa figure naïve laissait voir assez clairement ce qu'il désirait.--Jeune homme, dit l'inconnu, vous avez bien parlé. Serait-ce pour vous-même que vous regrettez ces terres perdues?--C'est pour ma mère, qui est veuve, et pour ses enfants.--Et vous voudriez?--Les établir ici, monsieur, avec votre permission.--Et la maison?--Je bâtirais une cabane: voilà des roseaux.--Faites! s'écria le voisin, à qui cette idée sourit par sa nouveauté. Mon ami, je vous autorise à fonder ici votre colonie. Je ne souffrirai pas qu'on vous en dispute la jouissance. Respectez ce qui est planté et semé; vous voyez que ce bosquet en forme la limite: je mets le reste à votre disposition.

A ces mots, le vieillard disparut derrière les arbres, sans laisser à Charles le temps de le remercier. L'inconnu disait à haute voix en se retirant: «Les pauvres gens! une grève, une maison de roseaux!»

4.--Conseil de famille.

Aussitôt Charles courut chez sa mère, et lui conta ce qui lui était arrivé; que la place de valet de chambre était déjà prise, mais qu'il n'y pensait plus, ayant trouvé, disait-il, des moyens d'existence pour la famille, un logement gratuit, un terrain au soleil, un rivage! Après le premier instant d'émotion, il s'expliqua mieux, et, si ce projet le séduisait, on peut juger combien il dut sourire au petit frère et aux petites soeurs. Tous sautaient de joie. Un pareil établissement fut, une fois au moins, le rêve de toute jeune tête. Isabelle, Juliette, André, jasaient à l'envi: «Je ferai ceci, je planterai cela.» Leur imagination prenait l'essor, et créait, du premier coup, un monde de merveilles. C'était un flux de paroles, un bruit, un tourbillon, au milieu desquels il n'y avait pas moyen de s'entendre.

The book keeps going

Keep reading, and see it illustrated

Reading is free forever. Sign up and watch scenes appear while you read.

Illustrated scene from The Adventures of Sherlock HolmesIllustrated scene from FrankensteinIllustrated scene from The Great Gatsby

Scenes Storieta drew for other classics.

New illustrated classics

A new classic, drawn, in your inbox.

Once or twice a month: the latest books to get full character casts, scene art, and free comic editions. No account needed.