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Henri VI (3/3)
Language: fr1,950 downloads on Project Gutenberg
Subjects
In: FR Théâtre·Historical Novels·Plays/Films/Dramas
Public-domain ebook sourced from Project Gutenberg #26765.
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Cette pièce, tirée du troisième volet de la trilogie « Henri VI » de William Shakespeare, se déroule au cœur de la guerre des Deux Roses. Elle s’ouvre sur une confrontation entre le duc de Warwick et le prince d’York, qui se disputent le trône usurpé par la maison de Lancastre. Les personnages – Warwick, York, Norfolk, le roi Henri et leurs partisans – s’échangent des serments, des menaces et des promesses de prise de pouvoir, tout en préparant un « parlement de sang » où la légitimité du roi sera remise en cause. Le texte débute ainsi dans un décor de palais et de champs de bataille, où chaque parole est chargée de trahison et d’ambition, annonçant les luttes politiques et familiales qui animeront la suite.
Le style est typiquement élisabéthain : vers libres, prose rythmée, dialogues riches en rhétorique et en références historiques. Le vocabulaire, les notes en bas de page et les allusions aux titres nobles reflètent le contexte du XVe siècle anglais. Les amateurs de drames historiques, les passionnés de théâtre classique et ceux qui s’intéressent aux intrigues de la monarchie britannique y trouveront un texte dense, plein de tension et de conflits de loyauté.
The opening · free to read
NORFOLK.--Puisse toute la postérité de Jean de Gaunt avoir pareille espérance!
RICHARD.--J'espère abattre de même la tête du roi Henri!
WARWICK.--Je l'espère aussi. Victorieux prince d'York, je jure par le ciel de ne point fermer les yeux que je ne t'aie vu assis sur le trône qu'usurpe aujourd'hui la maison de Lancastre. Voici le palais de ce roi timide; voilà son trône royal. Possède-le, York; car il est à toi, et non pas aux héritiers de Henri.
YORK.--Seconde-moi donc, cher Warwick, et j'en vais prendre possession; car nous ne sommes entrés ici que par la force.
NORFOLK.--Nous vous seconderons tous.--Périsse le premier qui recule!
YORK.--Je vous remercie, noble Norfolk!--Ne vous éloignez point, milords.--Et vous, soldats, demeurez, et passez ici la nuit.
WARWICK.--Quand le roi paraîtra, ne lui faites aucune violence, à moins qu'il n'essaye de vous chasser par la force.
(Les soldats se retirent.)
YORK.--La reine doit tenir ici aujourd'hui son parlement: elle ne s'attend guère à nous voir de son conseil: par les paroles ou par les coups, il faut ici même faire reconnaître nos droits.
RICHARD.--Occupons, armés comme nous le sommes, l'intérieur du palais.
WARWICK.--Ce parlement s'appellera le parlement de sang, à moins que Plantagenet, duc d'York, ne soit roi; et ce timide Henri, dont la lâcheté nous a rendus le jouet de nos ennemis, sera déposé.
YORK.--Ne me quittez donc pas, milords. De la résolution, et je prétends prendre possession de mes droits.
WARWICK.--Ni le roi, ni son plus zélé partisan, ni le plus fier de tous ceux qui tiennent pour la maison de Lancastre, n'osera plus battre de l'aile aussitôt que Warwick agitera ses sonnettes[1]. Je veux planter ici Plantagenet; l'en déracine qui l'osera.--Prends ton parti, Richard: revendique la couronne d'Angleterre.
(Fanfares. Entrent le roi Henri, Clifford, Northumberland, Westmoreland, Exeter et autres, avec des roses rouges à leurs chapeaux.)
LE ROI.--Voyez, milords, où s'est assis cet audacieux rebelle; sur le trône de l'État! Sans doute qu'appuyé des forces de Warwick, ce perfide pair, il ose aspirer à la couronne, et prétend régner en souverain.--Comte de Northumberland, il a tué ton père; et le tien aussi, lord Clifford; et vous avez fait voeu de venger leur mort sur lui, sur ses enfants, ses favoris et ses partisans.
NORTHUMBERLAND.--Et si je ne l'exécute pas, ciel, que ta vengeance tombe sur moi!
CLIFFORD.--C'est dans cet espoir que Clifford porte son deuil en acier.
WESTMORELAND.--Eh quoi! souffrirons-nous cela?--Jetons-le à bas: mon coeur est bouillant de colère; je n'y puis tenir.
LE ROI.--De la patience, cher comte de Westmoreland.
CLIFFORD.--La patience est pour les poltrons, pour ses pareils: il n'aurait pas osé s'y asseoir, si votre père eût été vivant.--Mon gracieux seigneur, ici, dans le parlement, laissez-nous fondre sur la maison d'York.
NORTHUMBERLAND.--C'est bien dit, cousin: qu'il en soit fait ainsi.
LE ROI.--Eh! ne savez-vous pas que le peuple est pour eux, et qu'ils ont derrière eux une bande de soldats!
EXETER.--Le duc d'York tué, ils fuiront bientôt.
LE ROI.--Loin du coeur de Henri la pensée de faire du parlement une boucherie!--Cousin Exeter, la sévérité du maintien, les paroles, les menaces sont les seules armes que Henri veuille employer contre eux. (Ils s'avancent vers le duc d'York.) Séditieux duc d'York, descends de mon trône; et tombe à mes pieds, pour implorer ma clémence et ta grâce; je suis ton souverain.
YORK.--Tu te trompes; c'est moi qui suis le tien.
EXETER.--Si tu as quelque honte, descends, c'est lui qui t'a fait duc d'York.
YORK.--C'était mon patrimoine, tout aussi bien que le titre de comte[2].
[Note 2: As the earldom was.
Probablement le titre de comte des Marches, comme héritier du comte des Marches, de qui il tenait son droit à la couronne.]
EXETER.--Ton père fut un traître à la couronne.
WARWICK.--C'est toi, Exeter, qui es un traître à la couronne, en suivant cet usurpateur Henri.
CLIFFORD.--Qui doit-il suivre que son roi légitime?
WARWICK.--Sans doute, Clifford: qu'il suive donc Richard, duc d'York.
LE ROI.--Et resterai-je debout, tandis que toi tu seras assis sur mon trône?
YORK.--Il le faut bien, et cela sera: prends-en ton parti.
WARWICK.--Sois duc de Lancastre, et laisse-le être roi.
WESTMORELAND.--Henri est duc de Lancastre et roi, et le lord de Westmoreland est là pour le soutenir.
WARWICK.--Et Warwick pour le contredire.--Vous oubliez, je le vois, que nous vous avons chassés du champ de bataille, que nous avons tué vos pères, et marché enseignes déployées, au travers de Londres, jusqu'aux portes du palais.
NORTHUMBERLAND.--Je m'en souviens, Warwick, à ma grande douleur; et, par son âme, toi et ta maison, vous vous en repentirez.
WESTMORELAND.--Plantagenet, et toi et tes enfants, et tes parents et tes amis, vous me payerez plus de vies qu'il n'y avait de gouttes de sang dans les veines de mon père.
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