Storieta
English
Save & sign up

About this book

Ce volume rassemble l’ensemble poétique de Charles Baudelaire, publié sous le titre Les Fleurs du Mal. Dès les premières lignes, l’auteur s’engage dans une réflexion dense sur la modernité, la liberté littéraire et la condition du poète, en mêlant références aux penseurs anglo‑saxons, aux courants artistiques de son temps et à une série de dédicaces et variantes textuelles. Le texte s’ouvre sur une série d’observations philosophiques qui placent le poète entre la raison et le délire, avant d’enchaîner sur une série de notes marginales, de citations et de fragments de poèmes qui annoncent la richesse et la complexité du recueil complet. Cette introduction, à la fois érudite et provocante, prépare le lecteur à une œuvre où chaque poème est accompagné de commentaires, de variantes et d’annotations qui éclairent le processus créatif de Baudelaire.

Le style de Baudelaire se caractérise par une langue riche, des images saisissantes et une tonalité souvent sombre, typiques de la poésie française du XIXᵉ siècle. Sa voix mêle le spleen, l’idéal et une quête de beauté dans le mal, tout en affichant une liberté d’expression qui a choqué ses contemporains. Les amateurs de poésie symboliste, les lecteurs curieux des débats esthétiques du XIXᵉ siècle et ceux qui apprécient une écriture à la fois érudite et subversive trouveront dans ce recueil une source d’inspiration et de réflexion profonde.

Who appears in L'Oeuvre Poètique de Charles Baudelaire

  • QuinceyMiddle‑aged gentleman in 19th‑century attire, dark coat, cravat, thoughtful expression
  • PoëYoung intellectual with wavy hair, waistcoat, pocket watch, poised beside a leather notebook
  • Edgar PoëTall poet in a frock coat, silk cravat, intense eyes, holding a quill

The opening · free to read

Cependant, même tombé dans le domaine public, Baudelaire n'en est pas encore là et peut toujours nous apprendre qu'une attitude élégante n'est pas du tout incompatible avec une grande franchise d'expression.

Les Fleurs du Mal sont à cet égard un document de premier ordre.

La liberté qui règne dans ce recueil ne l'a pas empêché de dominer sans conteste la poésie universelle à la fin du XIXe siècle.

Son influence cesse à présent, ce n'est pas un mal.

De cette œuvre nous avons rejeté le côté moral qui nous faisait du tort en nous forçant d'envisager la vie et les choses avec un certain dilettantisme pessimiste dont nous ne sommes plus les dupes.

Baudelaire regardait la vie avec une passion dégoûtée qui visait à transformer arbres, fleurs, femmes, l'univers tout entier et l'art même, en quelque chose de pernicieux.

C'était sa marotte et non la saine réalité.

Toutefois, il ne faut point cesser d'admirer le courage qu'eut Baudelaire de ne point voiler les contours de la vie.

Aujourd'hui, ce courage serait le même.

Les préjugés vis-à-vis de l'art n'ont cessé de grandir, et ceux qui oseraient s'exprimer avec autant de liberté que le fit Baudelaire dans les Fleurs du Mal trouveraient contre eux, sinon l'autorité judiciaire, du moins la désapprobation de leurs pairs et l'hypocrisie du public.

Le retour vers l'esclavage, que l'on décore de nos jours du nom de liberté, a déjà eu pour premier résultat, en ce qui touche les lettres (tout particulièrement en horreur à l'état de choses qui se décide), de supprimer l'élite indépendante, ainsi que presque toute critique digne de ce nom, et le peu qu'il en reste n'oserait pas parler aujourd'hui des Fleurs du Mal.

S'il ne participe plus guère à cet esprit moderne qui procède de lui, Baudelaire nous sert d'exemple pour revendiquer une liberté qu'on accorde de plus en plus aux philosophes, aux savants, aux artistes de tous les arts, pour la restreindre de plus en plus en ce qui concerne les lettres et la vie sociale.

L'usage social de la liberté littéraire deviendra de plus en plus rare et précieux. Les grandes démocraties de l'avenir seront peu libérales pour les écrivains; il est bon de planter très haut des poètes drapeaux comme Baudelaire.

On pourra les agiter de temps en temps, afin d'ameuter le petit nombre des esclaves encore frémissants.

Ou que le gaz récent torde la mèche louche Essuyeuse on le sait des opprobres subis Il allume hagard un immortel pubis Dont le vol selon le réverbère découche.

Quel feuillage séché dans les cités sans soir Votif pourra bénir comme elle se rasseoir Contre le marbre vainement de Baudelaire.

Au voile qui la ceint absente avec frissons Celle son Ombre même un poison tutélaire Toujours à respirer si nous en périssons.

G. A.

The book keeps going

Keep reading, and see it illustrated

Reading is free forever. Sign up and watch scenes appear while you read.

Illustrated scene from The Adventures of Sherlock HolmesIllustrated scene from FrankensteinIllustrated scene from The Great Gatsby

Scenes Storieta drew for other classics.

New illustrated classics

A new classic, drawn, in your inbox.

Once or twice a month: the latest books to get full character casts, scene art, and free comic editions. No account needed.