Storieta
English
Sign up

The opening · free to read

Sommaire

Histoire de la Semaine. Portrait d'Isabelle II, reine d'Espagne, et de MM. Lopez Serrano et Caballero; Médaille de la reine Victoria.--Courrier de Paris, Portrait d'Émilie Leverd.--Algérie. Pèlerinage de la Mecque. Embarquement dans le port d'Alger des Pèlerins de la Mecque; traversée; Caravane des Pèlerins de la Mecque.--Académie des sciences. Compte-rendu des deuxième et troisième trimestres. I. Sciences médicales. (Suite et fin)--Des Théâtres et du Droit perçu sur leurs recettes.--La Sainte-Cécile.--Théâtres. Théâtre-Italien. Une scène de Maria de Rohan; portrait de Donizetti. Académie royale de Musique. Une scène de Dom Sébastien, 3e acte; Cinq Costumes.--Margherita Pusterla, Roman de M. César Cantù. Chapitre XXI, Sentence; chapitre XXII, Catastrophe, (Suite et fin.) Vingt-une Gravures.--Annonces.--Une nouvelle Charge de Dantan. Une Gravure. --Correspondance.--Rébus.

Histoire de la Semaine.

A Paris, la politique en ce moment est toute parisienne. Dans trois jours, le 27, les électeurs des neuvième, dixième, onzième et douzième arrondissements, procéderont à l'élection de douze membres du conseil-général du département, chargés en même temps des fonctions de conseillers municipaux de la ville. Cette double mission est si importante, le budget de Paris, dont le vote et l'emploi sont remis à ces élus, est un si puissant moyen d'assainir et d'embellir la ville, d'améliorer la situation matérielle et morale de son énorme population toujours croissante, il serait si déplorable de ne pas voir faire de ces 50 millions annuels l'emploi le mieux entendu, qu'on s'explique facilement et l'empressement des candidats à venir solliciter les suffrages des électeurs et la sérieuse attention que ceux-ci semblent vouloir apporter à leurs choix. L'organisation du conseil municipal de Paris telle que la loi l'a constituée n'est pas bonne. Le fractionnement de l'élection par arrondissements n'est guère propre qu'à faire naître dans les délibérations des luttes de rues et des rivalités de quartiers. Les questions n'y sont pas toujours, par suite de ce morcellement électoral, vues d'assez haut et envisagées dans un intérêt assez général; plus d'un membre du conseil ne se regarde pas assez comme le représentant de la ville entière, et, pour mieux assurer sa réélection, se montre trop disposé à soutenir les prétentions souvent insoutenables du quartier qui l'a élu. Si l'on voulait absolument que chaque arrondissement nommât isolément et directement un ou plusieurs mandataires, il fallait du moins, pour combattre et détruire, s'il était possible, le fâcheux et étroit antagonisme qui en devait inévitablement résulter, faire entrer complémentairement dans le conseil un certain nombre de membres qui auraient été choisis par la liste générale des électeurs parisiens, et qui, par conséquent, en entrant à l'Hôtel-de-Ville, n'auraient pas cru avoir pour unique mandat l'établissement d'une borne-fontaine sollicitée par un électeur influent de leur quartier, ou le déplacement d'une station de fiacres demandé par un attire. Le législateur ne l'a pas fait: c'est aux électeurs parisiens d'y remédier en n'écoutant point l'esprit de coterie et les influences étroites, et en ayant en vue, avant tout, les grands intérêts de la population tout entière de la capitale.--Les dépêches extérieures nous apportent bien souvent, depuis quelque temps, la nouvelle d'insultes faites à nos agents ou à notre pavillon sur des points différents. Naguère c'était à Jérusalem, peu après c'était à Taïti, hier au Sénégal, aujourd'hui c'est à Tunis. Nous ne doutons pas que le ministère français n'en exige et n'en obtienne la réparation. Mais nous avouons que, malgré toutes les satisfactions, plus ou moins satisfaisantes, qui ont pu ou qui pourront nous être accordées, nous regarderions comme bien préférable une attitude qui préviendrait de pareils jeux de la part des nations grandes ou petites qui se les permettent. La France doit être vengée, est sans doute un principe qu'on est quelquefois forcé d'appliquer; mais aussi exigeant que César à l'égard de sa femme, nous voudrions que la France ne fût pas même dans la nécessité de le faire, et nous croyons qu'il n'y a qu'à le vouloir fermement.--Les nouvelles d'Algérie ont été cette semaine peu concordantes. On a répandu encore le bruit, périodiquement répété, de la prise d'Abd-el-Kader, que des tribus nous auraient livré. Cette nouvelle ne s'est pas confirmée; mais ce qui est certain, c'est la défaite et la mort de son principal lieutenant, Sidi-Embarak-ben-Allah, dont la bande, atteinte, au sud-ouest de Tlemcen, par le général Tempoure, a eu 400 hommes tués et 500 faits prisonniers. Trois drapeaux ont été apportés à Alger.--En Espagne, après le premier effet produit par la tentative criminelle dirigée contre le général Narvaez, la lutte entre les progressistes et le parti qui se dit modéré, et que ses adversaires nomment contre-révolutionnaire, est redevenir plus vive et plus animée que jamais. Le ministère Lopez, qui s'était montré longtemps si complaisant pour ce dernier, lui est devenu suspect. Il avait bien consenti, sur la demande de Narvaez, à faire arrêter les rédacteurs des feuilles opposantes, comme devant ne pas être, étrangers à l'attentat de la rue de la Lune; mais il s'est refusé [Illustration: Isabelle II, reine d'Espagne.] à faire emprisonner aussi un certain nombre de députés, comme soupçonnés également d'une pareille complicité morale et indirecte; de la grande colère du général, qui a répondu à la démission de MM. Lopez, Caballero, Serrano et de leurs collègues, par la remise de sa propre démission de capitaine-général à la reine, dans cette même main qu'il lui avait fait la veille donner à baiser à 1,700 officiers de la garnison de Madrid, après des banquets dans les casernes. Cette enfant est donc censée avoir à se prononcer entre les scrupules [Illustration: Espagne.--M. Lopez, président du conseil des ministres.] un peu tardifs de ses ministres et l'ambition toujours croissante du général. Le but de celui-ci est, dit-on, d'être appelé à composer lui-même un cabinet dans lequel il prendrait le portefeuille de la guerre, et de dissoudre les cortès, où la reine Christine ne compte pas assez d'adhérents. Voilà les complications nouvelles de la situation espagnole, plus incertaine par les intrigues dont Madrid est le théâtre, que par les luttes sanglantes qui, malgré la capitulation de Barcelone, affligent encore les provinces.--Beaucoup du bruits [Illustration: Espagne.--M. Serrano, ministre de la guerre.] vagues ont couru sur des événements qui seraient venus troubler le calme de la Sicile. On a dit dans quelques journaux que les troupes faisant l'exercice à feu sur la place de Palerme (le lieu était assez singulièrement choisi), un certain nombre de soldats se trouvaient, par mégarde, avoir des cartouches à balle, et que cette distraction, que d'autres expliqueront, aurait causé la mort d'un certain nombre d'hommes du peuple. On ne sait à ce sujet rien de bien précis, rien de bien officiel; toujours est-il que la Sicile paraît s'agiter, et que ces troubles, rapprochés de la prétention menaçante que l'Angleterre met en avant contre le roi de Naples à raison de la prise de possession de l'île de Lampeduse, font naître dans la position du ce monarque des complications dont la coïncidence peut être due au hasard, mais donnera, à coup sûr, lieu à bien des conjectures. L'une d'elles est que l'Angleterre veut et qu'elle obtiendra des concessions commerciales.--Dans les États romains, le calme n'est pas rétabli, et le gouvernement papal ne paraît pas disposé à le ramener par des concessions que les gouvernements les moins libéraux regardent néanmoins comme légitimes et indispensables. Il envoie dans les légations les agents dont le nom est le plus propre à inspirer la terreur, et sollicite de notre cabinet des mesures de rigueur contre onze réfugiés qui ont échappé à ses poursuites. Ceux-ci viennent d'adresser à M. Duchâtel une noble et respectueuse supplique, et il est difficile de croire que, pour complaire à ces exigences, on ne les laissera pas poursuivre en Corse une exploitation agricole qu'ils ont entreprise pour n'avoir à demander à la France que son hospitalité.

La cour d'Angleterre continue à rendre à M. le duc et à madame la duchesse de Nemours les gracieusetés qui avaient été faites au château d'Eu à la reine Victoria, et dont on vient de consacrer le souvenir en faisant frapper une médaille dont nous donnons aujourd'hui la gravure.--En Irlande, comme nous l'avions bien prévu et annoncé, le temps se passe en débats de procédure. La légalité de celle qui a été suivie est aujourd'hui en question, et avec elle le procès lui-même. Au point où en sont arrivés les embarras du ministère anglais, nous croyons qu'il se trouverait fort heureux de voir O'Connell mis hors de cause pour un vice de forme. Cela le délivrerait de la crainte de le voir plus tard acquitté par une déclaration de jury, qui rendrait bien difficile et bien peu probable le maintien du adouci.

Dans notre dernier numéro, nous avions eu à rapporter les affreux désastres que la fonte de neiges prématurée avait occasionnés dans les départements des Alpes et du Dauphiné. Aujourd'hui les journaux de Toulouse renferment les détails des épouvantables ravages qu'une trombe d'eau, qui a tout à coup rempli les torrents et qui en a créé de nouveaux, est venue exercer dans plusieurs communes des Hautes-Pyrénées. Nous ne les décrirons pas, parce que tous ces sinistres cruels se ressemblent, et que tous se résument en deux mots: la ruine et la mort.--Des avis du Cap-de-Bonne-Espérance, reçus à Londres, apprennent que ces parages ont éprouvé une violente tempête dans la nuit du 26 août et que l'on avait déjà constaté la perte, dans la baie d'Algoa, de quatre navires anglais d'une valeur de 8 à 10 millions de francs. Plusieurs personnes avaient péri dans ces sinistres, et l'on craignait bien d'apprendre que la violence de la bourrasque avait encore jeté d'autres navires à la côte.

En attendant que notre mission en Chine se détermine enfin à s'embarquer, les journaux anglais nous apprennent que les importations du la Grande-Bretagne dans le Céleste-Empire progressent tous les jours. Une des plus récentes, c'est celle de la pendaison. Un soldat cipaye, faisant partie du corps de l'armée anglaise; qui occupe l'île de Chusan, avait été condamné à mort par une cour martiale, pour avoir tiré un coup de fusil sur un sous-officier. Le jour fixé pour l'exécution, un gibet a été dressé, les troupes ont été réunies en carré; trois Chinois faisaient les fonctions d'exécuteurs. Un d'eux a décoiffé de son turban le soldat, qui professait la religion musulmane; un autre lui a couvert le front et les yeux avec un bonnet blanc, le troisième lui a passé la corde au cou, et tout trois l'ont ensuite lancé dans l'éternité. Une multitude de Chinois assistaient à ce spectacle, tout nouveau pour eux; ils ont été fort effrayés en voyant le patient suspendu et inanimé; la plupart ont pris la finie. Nous ne savons si l'amour-propre anglais aura la satisfaction de voir abandonner la strangulation et la décapitation pour ce nouveau mode de supplice.--Quant à nous, nous serions plus fiers de voir une association, qui compte déjà de nombreux souscripteurs, l'Oeuvre de la sainte Enfance, arriver à y détruire un usage exécrable que sa barbarie a fait longtemps révoquer en doute. Investis par leurs lois du droit de vie et de mort sur leurs enfants, les Chinois l'exercent dans toute son horrible étendue. Des rapports trop fidèles établissent qu'en trois ans la seule ville de Pékin a jeté 9,702 enfants à la voirie, sans compter ceux que des sages-femmes payées étouffent dans les bains d'eau chaude au sortir du sein maternel; sans compter ceux qui, exposée la nuit sur le pavé des rues, servent de pâture aux chiens et aux animaux immondes; sans compter ceux que l'avidité des marchands ramasse ou nourrit pour l'esclavage ou pour la débauche; sans compter, enfin, ceux qu'on jette dans les eaux: masse d'infanticides évaluée chaque année à 10,000 au moins par quelques voyageurs, à 30,000, au dire de Dumont-d'Urville. Une association vient, comme nous l'avons dit, de se former pour arracher à la mort cette coupe réglée de victimes. Elle s'est assurée de la faiblesse des moyens qui suffiraient pour conduire à un résultat si grand; tel est en Chine l'excès de la misère, qu'un enfant se vend 50 à 60 centimes. L'oeuvre ne demande à chaque associé que 5 centimes par mois, et, moyennant cette faible offrande faite par un nombre d'associés tel qu'en peut fournir la France, elle se charge de recueillir les milliers d'orphelins abandonnés sur ces tristes plages. Plusieurs prélats viennent de publier en sa faveur des lettres pastorales.

The book keeps going

Keep reading, and see it illustrated

Reading is free forever. Sign up and watch scenes appear while you read.

Illustrated scene from Alice's Adventures in WonderlandIllustrated scene from The Adventures of Sherlock HolmesIllustrated scene from Frankenstein

Scenes Storieta drew for other classics.

New illustrated classics

A new classic, drawn, in your inbox.

Once or twice a month: the latest books to get full character casts, scene art, and free comic editions. No account needed.